NAP : Name (nom), Address (adresse), Phone (téléphone). C’est la triade de données que Google utilise pour vérifier qu’une entreprise locale est cohérente sur l’ensemble du web. Quand ces données diffèrent d’une plateforme à l’autre, Google a plus de mal à confirmer l’identité de l’entreprise, ce qui affecte le référencement local.
Dans la grande majorité des audits de PME locales que j’ai faits, les données NAP sont incohérentes. Pas légèrement, parfois radicalement différentes selon l’annuaire.
Ce que j’observe
Les sources d’incohérence les plus fréquentes : une entreprise qui a déménagé mais dont l’ancienne adresse est toujours référencée sur Pages Jaunes ou Yelp. Un numéro de téléphone principal qui a changé mais qui reste présent sur des annuaires non mis à jour. Une variation dans le nom légal, “Menuiserie Dupont” sur la fiche GBP, “Menuiserie Dupont & Fils” sur le site, “Dupont Menuiserie” sur Pages Jaunes.
Ces variations semblent anodines. Pour un humain qui cherche l’entreprise, elles ne posent aucun problème. Pour Google, qui agrège des signaux de confiance à partir de la cohérence des données entre sources, elles affaiblissent le signal de localisation.
Le pattern dans le Grand Est
Ce que j’observe dans les audits locaux, c’est que les PME du Grand Est ont souvent des fiches sur des annuaires qu’elles n’ont jamais créées elles-mêmes, Pages Jaunes les a générées automatiquement à partir de sources tierces (annuaire des entreprises, registre du commerce). Ces fiches automatiques contiennent souvent des données partielles ou datées.
La fiche GBP est généralement la plus récente et la plus précise, mais elle n’est pas la seule que Google prend en compte pour vérifier la cohérence locale.
Ce que je fais en premier dans un audit NAP : chercher le nom de l’entreprise dans Google, Pages Jaunes, Yelp, Tripadvisor (si applicable), et les principaux annuaires sectoriels. Je liste toutes les variations de nom, d’adresse et de téléphone. Souvent, il y en a 4 ou 5 différentes pour la même entreprise. C’est le point de départ de la correction.
La tension
Ce qui rend la correction NAP plus longue qu’elle ne le semble : certains annuaires ne permettent pas de modifier les fiches facilement. Pages Jaunes a des procédures de validation qui prennent du temps. Certains petits annuaires régionaux n’ont pas d’interface de correction accessible.
Ce n’est pas un travail spectaculaire, c’est du travail de fond. Et c’est probablement pour ça qu’il est souvent ignoré : les résultats ne sont pas immédiatement visibles, et l’effort de correction est perçu comme disproportionné.
Ce que ça implique
Ce que je recommande pour une PME qui veut corriger sa cohérence NAP sans y passer une journée : commencer par les quatre sources que Google pèse le plus, la fiche GBP, le site officiel, Pages Jaunes, et les annuaires sectoriels du métier. Corriger ces quatre sources en priorité, puis s’attaquer aux annuaires secondaires progressivement.
La règle simple : partout où l’entreprise est référencée, le nom, l’adresse et le téléphone doivent être identiques à ce qui figure sur la fiche GBP.
Ce que je n’ai pas résolu : quelle est la pondération réelle que Google donne à la cohérence NAP par rapport à d’autres signaux de référencement local, et est-ce que cette pondération varie selon le secteur ou la taille de l’agglomération ?
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